Les randonneurs doivent-ils craindre les chasseurs ?

La mort récente d’un cycliste atteint par le tir d’un chasseur en Haute-Savoie a ému les randonneurs ou promeneurs qui aiment arpenter les forêts de notre région. L’été qui se prolonge nous appelle à venir piétiner les feuilles mortes et les bogues des chemins, mais j’entends autour de moi les réticences : « Oui, l’automne est une belle saison pour la randonnée, mais… la chasse est ouverte ! »

Un rando ? Mais la chasse est ouverte !

Je marche un millier de kilomètres par an, depuis de nombreuses années, et par toute saison. J’ai croisé sur mon chemin de nombreuses chasses. Est-ce que je crains de recevoir un coup de fusil ? Bien sûr les accidents arrivent, et la mort dramatique de ce cycliste nous le rappelle. Mais, je lis aussi tous les jours dans la presse régionale des comptes-rendus d’accidents mortels sur la route, est-ce que je prends moins la voiture ? Non, mais je suis prudent…

Il m’est arrivé, lors de randonnées, d’arriver par surprise sur une chasse en cours. Au détour d’un carrefour de chemins, je découvre un large panneau mobile qui indique la chasse. Deux possibilités :

  •  le panneau indique que je ne peux pas pénétrer dans telle zone, eh bien je l’évite ! Il est souvent impossible lorsqu’on pratique la randonnée de rester sur le chemin prévu ! Il y a quelques jours, j’ai découvert près de Duclair un bois totalement clôturé, alors qu’il était ouvert aux promeneurs il y a quelques années. Nous connaissons tous des chemins le long de nos falaises qui sont désormais fermés. Randonner, c’est aussi être capable de s’adapter aux circonstances, d’afficher la carte au 1/25000 sur son smartphone et de trouver un détour.
  • le panneau indique que je dois être prudent et ne pas quitter le chemin, eh bien je sors le gilet fluo du sac, et j’avance. En général, dans ces circonstances, je croise les chasseurs postés le dos au chemin. On se salue, parfois on échange quelques informations pour confirmer la sûreté du chemin, et je continue mon circuit.

Parfois, dans la campagne normande, on entend le claquement d’un fusil isolé. Le chasseur isolé, dans sa propriété, loin des regards de ses confrères et des règles des sociétés de chasse, est peut-être plus dangereux… mais il ne chasse pas à balle, il chasse au plomb. Il faut lui faire connaître notre présence avec la voix, le gilet fluo…

Je crains plus les sangliers que les chasseurs.

A vrai dire, je crains plus les sangliers que les chasseurs. Je croise de plus en plus souvent des compagnies de sangliers. Dès que nous sommes repérés, la compagnie s’éloigne au petit trot. On les repère parfois à leur odeur caractéristique, sans les voir. Un matin, en forêt domaniale de Lyons, au détour d’un chemin, je suis tombé face à un mâle solitaire, à une dizaine de mètres. Je me suis arrêté, surpris d’être si près de l’animal. Lui a tourné la tête pour m’observer quelques secondes, et est entré dans le bois, tranquillement. On se sent très fragile, face à un tel sanglier. Malgré les chasses qui sont organisées pour réguler leur population, la rencontre avec des sangliers est de plus en plus fréquente.

Profitons de nos forêts en automne !

Je peux m’appuyer sur une longue expérience de randonneur pour affirmer qu’il n’y a aucune raison de se priver de la beauté de nos forêts en automne. Et s’il vous reste un peu d’inquiétude, choisissez une forêt domaniale ! Elles sont nombreuses dans notre région, les chasses sont bien encadrées, et le site web de l’ONF affiche le calendrier des chasses en forêts domaniales. Consultation indispensable en saison de chasse avant d’entrer dans l’une de ces forêts.

la forêt domaniale d’Eawy un matin d’octobre – rando Saint-Saens 2

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